Insomnies
L’oreiller trituré , la tête qui ne trouve pas sa place dessus , à droite ? sur le dos ? pfu à gauche c’est pareil …
Il faut fermer les yeux , et attendre , ça va venir …
les ronflements de l’autre passent la barrière des bouchons de mousse qu’on a soigneusement calés au fond des oreilles
Il est devenu « l’autre » , car son sommeil facile énerve . Ce n’est plus « mon amour » , » mon ange » ou « mon coeur ».
C’est « l’autre » , celui qui dort et qui se met souvent à bouger au moment cruciale où l’on vacille enfin.
Respiration profonde pour chasser l’angoisse , sur le dos , et là on prend conscience de la raideur des muscles.
Les pieds en porte manteaux supportent mal le poids des couvertures, et les mains se crispent sur le drap.
Alors on va tenter la décontraction … D’abord les bras , on relâche , sans oublier de respirer .
Toutes ces douleurs qui semblent s’échapper , et partout dans les membres ça saute et ça tressaute allégrement .
L’autre se tourne , et vous balance un coup de pied dans le mollet !

Tout à refaire … Et on s’applique , et on respire , on s’applique tellement que la mâchoire est serrée ,
tout le visage est tendu , un vrai lifting !
Bon , quelle heure est-il ? Aller tant pis on va se prendre une petite pilule et fumer une cigarette.
Petit détour par le pipi room , histoire de mettre toutes les chances de notre coté.

On revient à moitié glacé dans la tiédeur du lit , et on se colle voluptueusement contre notre « amour » bien chaud.
Espérons que la pilule va vite agir , car déjà l’estomac se noue à nouveau , et on cherche à se convaincre que deux pilules … Pourquoi pas
En attendant retour sur le dos , ré-calage d’oreiller … On se concentre sur les battements de notre coeur.
Au début pas grand chose … Puis le long du cou , remontant sur les joues , on entend le son régulier.
On l’écoute ensuite dans les bras , dans les doigts . Partout on sent le flux et le reflux.
Puis , d’un coup , sans savoir où on s’est arrêter d’écouter , plus rien.
Enfin , le repos …